La vallée des momies d'or

En 1996, en secourant son âne, un gardien de Bahariya découvrait une nécropole.
Les premières fouilles mettaient des momies à jour. La découverte aurait été presque banale si certaines de ces momies n'avaient pas eu un masque en or...

La vallée des momies d'or, phénomène archéologique et médiatique, était née.

J'ai eu la chance de visiter cette vallée des momies.
Photographies interdites mais voici un petit compte-rendu, avant de montrer les clichés provenant d'un petit musée improvisé en ville.

 Le site se trouve en plein désert. Même à l'époque de son utilisation, la nécropole se trouvait à plusieurs kilomètres de la ville.

De l'extérieur, on voit des petites "maisons" très basses avec un toit pentu. On passe la porte (très basse aussi) et on descend des marches pour se retrouver à 2m50 ou 3m en dessous du niveau du sol.
 La pierre est taillée pour créer une sorte de porche artificiel, avec un linteau. Ce linteau est aujourd'hui brisé mais il l'était peut-être dès l'origine, à l'imitation des portiques avec murs-bahuts.

 Les momies sont allongées, à gauche, à droite et au fond, dans des grandes cavités desservies par un petit couloir central. Le tout a été creusé dans un grès très friable et le plafond s'est effondré, au dessus du couloir (qui serait maintenant à l'air libre s'il n'y avait le toit moderne) et aussi en partie au dessus des momies.
 Ces dernières sont laissées telles quelles, encore à moitié enchassées dans la partie inférieure de la cavité. Elles sont allongées côte à côte, sans séparation.
 Les découvreurs ont trouvé du matériel funéraire (bijoux, vaisselle) mais tout a été enlevé, malheureusement sans faire de relevés précis.

Les momies sont très noires et beaucoup sont écrasées. On devine pourtant que certaines sont très belles et pourraient faire l'objet d'une restauration, comme celles du petit musée.

 On distingue bien les masques, parfois des yeux de verre.
 Parfois, un bandelettage au niveau du visage crée une tête en forme de triangle et remplace alors le masque.

 Un travail de conservation du site semble nécessaire: Une fausse couronne de fleurs a été refixée sur une momie à grand coup de plâtre frais, des fissures des plafonds ne sont pas consolidées et pourraient provoquer de nouveaux effondrements.

 Souhaitons que le traitement archéologique de cette nécropole soit au niveau de l'exploitation médiatique de sa découverte.

Le musée présente quelques momies restaurées.

 Elles datent du début de l'époque romaine (la présence de la fausse chevelure est caractéristique). 

Le masque et le plastron sont en stuc, partiellement recouvert de peinture dorée (l'or est la chair des dieux).
 Ce mort s'est arrogé une prérogative royale, le port de l'uraeus.
Sur la tête, un faucon.
 Horus ? 
Les momies n'ont pas été radiographiées.
Du moins, les résultats n'ont pas été publiés. 
Sur le plastron, on voit Osiris avec 4 génies qui, pour une fois, ne sont pas les 4 fils d'Horus.
 En dessous, Thot, comme ibis, sur le signe de la corbeille. 

Il existe une nécropole d'ibis à Bahariya, joliment appelée Qaret el faragi (la colline du marchand de poulets). 

Fausse couronne de fleurs. 
Celle-ci a la tête penchée, probablement vers la momie de son mari.
Le regard est un peu absent. 
Une autre, particulièrement dorée. 
On voit le stuc au niveau du nez. 
Le plafond des chambres funéraires s'est effondré, écrasant sérieusement certaines momies et abimant les protubérances des autres (le nez ici). 
Le plastron. 
Cette momie a la taille d'une petite fille... 
...bien que le masque soit celui d'une femme adulte. 
 
Les bandelettes forment un motif en croisillons. 
Qui étaient ces gens ?
A l'époque romaine, l'armée employait beaucoup de mercenaires égyptiens ou gréco-égyptiens.
A la fin de leur temps de service, ils disposaient d'un  pécule et devenaient de petits propriétaires. 
Mais ici, nous sommes probablement à l'époque d'Auguste. c'est trop tôt pour cette hypothèse. Il s'agit donc vraisemblablement d'une  grande famille locale. 

Références


"La vallée des momies", de Zahi Hawass.

 
 
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