Le temple d'Hibis, oasis de Khargha


Ce temple connait de gros problèmes d'instabilité du sol.
Un projet de déplacement avait été commencé mais une étude a montré que 45% des pierres ne supporteraient pas le trajet ... et que le terrain choisi pour la reconstruction était lui-même soumis à des infiltrations d'eau.

Le projet a été stoppé net ... après le démontage des deux premiers pylônes, absents sur la photo. 

A l'emplacement actuel des palmiers se trouvait un lac sacré avec débarcadère. 
Malgré l'absence du Nil, le complexe cultuel restait identique. 
Il existait aussi une allée processionnelle d'époque romaine, bordée de sphinx.

Sur le premier pylone, Galba, successeur de Néron, fit graver une inscription fixant des ordonnances concernant la propriété et l'héritage
et comportant une formulation du type "il faut que tout le monde travaille en sachant que la bienveillance de l'empereur est acquise".

La porte de Darius puis l'édifice principal, complètement etayé, ce qui ne facilite pas l'appréciation des reliefs.

Après le portique qu'on devine sous les étais, tout l'intérieur du temple est interdit au public.

Il contient pourtant des scènes bien interessantes à voir quand on a la chance de pouvoir entrer.

En particulier, une représentation de Seth dans la première salle hypostyle mérite le détour.

Seth piétine et transperce le serpent Apophis à l'aide d'une lance.

Corps bleu, ailes déployées, tête de faucon coiffée de la double couronne feraient penser à Horus si les hiéroglyphes n'étaient pas formels.

La tête du serpent.

 

Cette représentation de Seth est abimée et très mal exposée.

Elle est donc très difficile à photographier. Sans retouche numérique, voici ce que cela donne...

 

Dans le sanctuaire sont exposées des convictions religieuses originales, semblant fusionner les mythes des triades Amon-Mout-Khonsou et Osiris-Isis-Horus.

 

Revenons à la zone permise.

A partir de cette porte/arche commence la partie du temple construite par Darius 1er.
Hibis est en effet la principale réalisation d'époque perse en Egypte.

Un montant, le roi face à Onouris et Tefnout.
Le linteau, le roi face à Amon-Rê, Mout et Khonsou-Pekhrad (Khonsou l'enfant), triade à qui le temple est dédié.
Plus précisément, l'Amon à qui le temple est dédié est Amon d'Hibis, contracté en Amenebis.
Sur l'autre moitié du linteau, Darius coiffé d'une couronne hem-Hem offre des vases à vin nou à Amon-Rê, Ouadjet et Montou-Rê. 
A l'intérieur de cette arche. 
Une grenouille (le chiffre ?) avec une queue ! 
Table d'offrandes : des boissons, des fruits, un veau aux pattes attachées, des canards, des pains. 
De la laitue, considérée comme aphrodisiaque, pour Amon-Rê-Kamoutef, dans la posture de Min. 
Beaux hiéroglyphes en creux, avec le cartouche de Darius 1er. 
Les inscriptions sur les murs extérieurs, entre les étais. 
Offrande de Maat à Thot et Nehemètâouay (Nehem'awat), une des parèdres de Thot. 
Le roi face à Shou et Tefnout. 
Ici, le roi a une tête peu habituelle pour un égyptien. 
Consécration d'une grande offrande pour Rê-Horakhty et Atoum.
En haut, les tiges des plantes en bouquet forment une spirale. 
La suite du défilé :  Khepri, Shou, Tefnout... 
... et Geb. 
Derrière, cachée par les étais, devrait logiquement figurer Nout.

Références


"Porter and Moss" numéro 7.
"The Western Desert of Egypt" de Cassandra Vivian.
Nouveau dictionnaire de mythologie égyptienne, d'Isabelle Franco.

 
 
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